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Ce site traitant du nom Lahetjuzan (Lj) et de son lignage, informe aussi sur l’Histoire et le passé des Basques, de Sare et de St pée en particulier.

 

Il essaie de retracer l'origine, la signification, l’histoire des patronymes de Lehet et de Lahet Jusan Dolha, depuis  l’apparition du premier des deux noms il y a plus de 1000 ans, au tout début du Royaume de Navarre, jusqu'à nos jours, ainsi que la généalogie de la famille Lj de 1568 à nos jours.

 

La diaspora de cette famille comporte actuellement une centaine de membres porteurs du nom de par le monde, 20 encore enracinés au lieu d’origine, Sare et ses alentours, pour la plupart locuteurs du basque, 30 francophones nés à La Rochelle, Montpellier, Paris, Tananarive, …, 50 hispanophones des Amériques à La Pampa, Rio Negro, Rio Colorado, Bahia Blanca, Cordoba, … et quelques anglophones à Lincolnshire, …

 

Ce site leur fera découvrir, comme à tout les autres lecteurs, des modes de vie, anecdotes ou évènements, soit locaux qu'auront connus nos ancêtres et les leurs, soit plus généraux, qui, à travers les parcours historiques de nos aïeux, ont contribué à préciser notre particularisme.

 

Le texte traite, en introduction, de la lignée des Lahet dont les Lahetjuzan sont très probablement issus.

Cette ascendance a toujours été dans l’esprit de ceux, y compris les plus éminents comme A.L., E.G., M.G., X.E., qui ont eu à faire des recherches historiques sur Sare, les uns situant les Lj à Lehetia en place des Lahet, d’autres les citant comme branche puînée des Lahet, d’autres rapprochant les deux patronymes, soit directement soit au travers de Lehetebehere.

 

Ce qui est évident en tous les cas est l’imbrication de Lahet dans Lahetjuzan ; ce qui est certain et que les textes confirment c’est aussi l’appartenance des deux lignées à des maisons citées nobles pour Lehetea et Olha, parfois infançonne pour Olha, toutes les deux de Sare, Sare d’où les deux noms sont issus; c’est aussi la prééminence des deux « Etxeko Jaun », Lahetjuzan Dolha derrière Lehet, dans les cérémonies du lieu, …

 

De Lehet / De Lahet / Lahet sera notre sujet de l’an 1000 à 1600.
De Lahet Jusan / Dolha / De Lahetjuzan Dolha / Lahetjuzan, celui de 1500 à nos jours

 

Au sud des Pyrénées on ne peut parler d’Espagne et de royaume centralisé qu’à partir de 1492, bien après que la reconquête sur les Arabes ait donné, à partir de 824, les Rois de Pampelune qui deviendront Rois de Navarre avec et depuis Santxo II Abarka en 970.

 

Au nord, avant l’an 1000, des dynasties locales s'étaient succédées depuis plusieurs siècles sur les divers territoires qui vont constituer la France : Ducs ou Rois des Saliens, des Francs, Roi d’Orléans, Roi de Metz, Rois de Paris, de Neustrie, d’Austrasie, de Bourgogne, d’Aquitaine, …avant que Philippe Auguste ne soit d’abord Roi des Francs en 1180, puis le premier Roi de France à partir de 1190.

Un siècle plus tard, Philippe le Bel son ar/ar/petit-fils, sera d’abord Roi de Navarre avant d’être Roi de France.

 

Les Leet /Lehet interviennent très tôt parmi les dignitaires et dans la gouvernance du Royaume de Navarre.

Ils sont souvent  très hauts et très puissants dans l’échelle sociale pendant la période de quelques siècles durant laquelle, autour de l’an mille, l’aristocratie combattante euskarienne, issue de sa culture agro-pastorale, a crée ce Royaume de Navarre, que l’on qualifie de premier Royaume Chrétien d’Occident.

Très puissants : Errege Zutoihaldun comme nous le dit Harluxet Hiztegi Entziklopedikoa, c’est à dire porte étendard du Roi, en fait Vice-Roi, l’alferez qui remplace le Roi, participe aux Croisades avec lui ou dirige ses armées lors de conflits guerriers comme sous les successions agitées du roi Philippe le Bel.

Très puissants et très fortunés comme Marie de Lehet, la bâtisseuse de Cophin.

 
Nous verrons plus tard de certains des Lahetjuzan, et au vu de leurs signatures appliquées, qu’ils se situent plutôt dans les couches de population qui pratiquent au quotidien la dite culture agro-pastorale.

Suivent ici quelques noms, parmi les Lahet de Sare, en introduction à la partie qui va traiter de Lahetjuzan, nom dérivé du précédent.
- Ximeno Fortunez de Lehet en 1114 ;
- Martin Ximenez de Lahet [de Sare], seigneur de Peralta et d’Uxue en 1135 ;
- Marie de Lahet, fille de Martin [Ximenez] seigneur de Lahet de Sare, en 1147.
Ce sont les trois premiers personnages du nom de Lahet ou Lehet, écrit aussi Leet ou Lete, cités par les annales historiques, en particulier celles de Navarre.
Finale ez = fils, ou aussi chez, par extension.
Ainsi Martin Ximenez était fils de Ximeno Fortunez lui même fils de Fortun ?… ? de Lehet qui vivait au Xème siècle … etc.


Mais Lehete ou Lekete apparaît déjà auparavant, en 952, comme nom de localité en Alava.

Des Lahet / Lehet / Lete, ricombres du Royaume de Navarre, plusieurs seront donc alférez du Royaume, lieu-tenant du Roi en son absence.
D’autres Lahet / Lehet seront gouverneur ou évêque (et mécène) de Baiona, Dax (Akitze), Bailli de Capbreton, Prévôt de Bazas ou St Emilion.


- Sanche de Lahet de Sare et son beau-frère Guillaume-Arnault III de Saint Pée mourront noyés par la marée de la Nive, attachés aux piles du pont de Proudines, malheureux héros de leur assassinat commandé par Pés de Puyanne, gouverneur de Bayonne, en 1343 (voir aussi 1343 au Ch VII et les courriels à la fin)
- En 1481 Martin de Lahet fait construire la chapelle Ste Catherine : certainement Santa Katalina de Sare (puisque la chapelle de la cathédrale, dite par la suite Sainte Catherine mais dédiée à l’époque à La Madeleine, avait déjà été construite auparavant par les Lahet) comme le laisse entendre le Dict. de l’Enc. Gén. (…tandis que…), mais la date y est du 10 août 1421.
- C’est un Lehet, avocat à Bordeaux, qui sera en 1545 le « sponsor » de Detxepare pour l’édition de « Linguae vasconum primitiae », premier livre imprimé en euskara, livre où l’on trouve « sautrela » et « kontrapas » : « Garaziko Herria benedika dadila… » devenu chanson.

 

Le nom et le titre de Lahet / de Lehet se perpétue dans la famille de Sara jusqu’autour de 1500.
Celui de Lahet Jusan que E.Goyheneche et la coutume rattachent à Lehetea et à Lahet, X.Elosegi à Lehetebehere existe sans doute antérieurement à cette date.
On l’aura découvert dans la page du titre, tel qu’écrit en 1568 sur le plus ancien document que nous possédons ;

Nous le verrons plus loin  écrit des multiples manières que portent les actes d’état civil, jusque 5 manières différentes sur le même acte, très fréquemment 3 !.

Ainsi sur l’acte de mariage de Laurent Haranburu et Marie Lahetjuzan-Barnetxe, du 31 janvier 1826, le rédacteur écrit Lahetyusan et les frères et sœur et leur père signent Lahetjeusan, Lahetjusan, Lahessusan, lahetiusan.

 

Après une telle série des Lahet, le parcours connu des Lahetjuzan sera plus discret, bien que localement la préséance dans les cérémonies allait d’abord aux de Lahet de la maison noble de Lehetia, puis immédiatement après aux de Lahetjusan maîtres de la maison noble et infançonne de Olha Jauregia (voir plus loin une remarque sur ces deux titres ).

 

Dans leur état actuel, les recherches font apparaître une rupture importante dans l'histoire et le statut social de la famille autour de l’an 1600 avec la conjonction de plusieurs paramètres :
- la disparition ou tout au moins raréfaction des deux éléments sur lesquels paraissait fondée à cette époque l’assise sociale des de Lahetjuzan : le minerai de fer et le charbon ainsi que le bois des forêts qui permettaient à leur forge métallurgique de Sare de fonctionner.
- la lignée « historique » de Lahet s’éteint, dont ils sont probablement une branche puinée.
- plus généralement les évolutions en cours, tant en France qu’en Espagne, sous la main de fer d’autorités royales toutes puissantes, mettent la noblesse à merci
- la société est parcourue par les contestations qui conduiront à la Révolution.

- Révolution qui, avec la déportation des Saratar, a certainement participé à la disparition de la maison et failli provoquer la déchéance de la famille.


Cités « seigneur de Lahet Jusan » en 1568 dans le texte de répartition d’un emprunt royal de Catherine de Médicis ( E. Goyeneche, H.M.B), ils sont « métallurgistes », les maîtres de Olha, fonderie ou ancienne ferrerie ou grande ferrerie de Sare dont l’exploitation sera arrêtée début XVIIIème faute de matière première.
- Dominique Lj d’Argainea, renommé à Sara durant la Révolution, bascologue aux thèses aujourd’hui abandonnées, en parle à plusieurs reprises.

- Thomas à qui appartient le bien au 18ème siècle, dernier Lj à habiter Olha, est cité « Thomas de Lahetjuzan Dolha de la maison Olha Jauregia » ; il signe indifféremment Dolha ou de Lahetjuzan et porte donc bien encore le double nom.
Jauregi / Jaundegi / Jauretxe sont les qualificatif basque pour demeure importante, manoir dirait-on par excès.

 

Les Lj ont pratiqué le droit d’aînesse strict, homme ou femme, hors très rares renonciations bien sûr, ce qui explique que le bien passe aux Dop en 1803 par le mariage de Marie Baptiste, l’aînée des enfants Lj


Il est à remarquer que, jusqu’au 17ème siècle non compris, le nom des familles était majoritairement le nom de la maison, d’où la difficulté de suivre les lignées dans les actes d’état civil, lors de déménagements par exemple.
La loi change au 16ème siècle et à partir de 1539 l’usage changera lentement vers la prééminence du nom patronymique.

Les Lj dont je suis et qui descendons de ce Thomas par Dominique quittent alors (XVIIIéme) Sara pour Senpere ; vous, issus de frères, ceux de Getaria/Donibane Lohizun, La Rochelle, ou qui êtes en Argentine, ce sera 2 générations plus tard.


D’autres Lj étaient dèja à Urdatx et Zugaramurdi, aussi Senpere, Amotz Oierenea ou Sorropila, il y en aura à Donosti, à Uztaritze venant plus tard de Senpere Heutia, et d’autres ailleurs, comme ceux de passage (ou morts) aux Caraïbes, en Afrique ou aussi actuellement en Angleterre.

Et d’où était donc ce Lehetjuzan Vicente, korrikalari (coureur) , dont le dictionnaire de l’Encyclopédie générale du Pays Basque dit qu’il prit part, le 21 mars 1907, à un défi, à côté du coureur de Sara Juan Arrouferia, contre Iñacio Aldat de Orio, sur une distance de 16 km.
Etait-il simplement de Sare aussi, peut-être ?

 

Olha Jauregia qui apparaît sur le cadastre napoléonien, encore habité durant la guerre de 1914/1918, a fini d’être détruit vers 1930. La maison qui a donné son nom au quartier Olhaldea (le secteur de Olha) se situait entre Olhabidea (le chemin de Olha) et Olhaxumea (la petite Olha) sur l’ancien chemin, aujourd’hui désafecté, qui rejoignant Olhabidea à Ziburua passait plus près d’Olhaxumea que l’actuel en empruntant l’« inta » où coulait, encore auparavant, le canal d’amenée d’eau à la forge.

 

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La matière de ces pages provient de sources que je cite.
Elle n’est pas le fruit d’une recherche méthodique dans des annales ou des documents d’archives (sinon dans la phase finale de l’écriture), mais une compilation, notes retenues au hasard de lectures, sur des dizaines d’années et sans réel projet de collecte systématique au départ. Des informations ont donc été certainement perdues.

L’implication personnelle est dans quelques commentaires que j’ai produit de temps à autres : lorsquils sont anecdotiques ou peuvent provoquer confusion, ils apparaissent en italiques.

Si certaines de ces appréciations ne valent que pour moi, elles ne sont pas, pour autant, totalement gratuites, mais bien l’expression des sentiments que m’ont laissé ces lectures.

 

Quelques mots ou textes en euskara apparaissent en gras, de même que quelques passages à remarquer.

Les titres des livres de valeur incontestable, et dont les extraits ont quelque importance, sont soulignés dans le texte et au chapitre traitant des sources bibliographiques.

 

Afin de rendre moins fastidieuse la lecture (et l’écriture), j’ai souvent réduit dans la suite le nom Lahet juzan, cité de multiples fois, à ses initiales Lj.

 

       
  AGL64-création / 2008